AQUARELLES & DESSINS


PAUL TISSIER AQUARELLISTE


Paul Tissier manifeste très tôt des aptitudes au dessin. Aux Beaux-Arts il reçoit une formation pluridisciplinaire qui encourage ce goût et lui donne la passion de l'aquarelle. Notamment au travers de ses voyages (Pays-Bas, Belgique, Suisse, Italie, Corse), cette pratique accompagne souvent la notation d'architecture vernaculaire qui le passionne parallèlement et devient une source d'inspiration. C'est aussi une recherche sur la lumière, le cadrage, les matières, qui le distingue des faiseurs de "cartes postales peintes". Il ne tarde pas à exposer, dans la section architecture, au Salons des Artistes Français ses relevés, restaurations et aquarelles. Il y reçoit des récompenses et suscite l'intérêt de la critique qui souligne sa virtuosité.

Il n'a pas le temps de se demander comment exploiter ce don d'une manière indépendante que la guerre amène une réponse inattendue. Avec sa série des "Ruines de Guerre", Paul Tissier s'éloigne du statut "d'architecte-aquarelliste amateur" de bonne réputation pour celui d'artiste à part entière. En offrant une vision personnelle des événements tragiques qu'il traverse, il dote de véritables enjeux cette discipline souvent considérée comme simplement anecdotique.

Ces nombreux dessins à l'encre sont autant de recherches qui témoignent d'un regard original sur les campagnes de la Meuse. Ils constituent aussi un laboratoire graphique pour ses rendus architecturaux qui s'éloignent de la raideur académique. En 1924 à Nice, Tissier a encore l'occasion de présenter au public une nouvelle série, exposée sous le titre "Venise" qui exploite de nombreux thèmes, l'architecture savante ou populaire, la vie sur l'eau ou encore la lumière du sud.